L'îlot Sainte-Brigide

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L’église Sainte-Brigide-de-Kildare (1878) a connu ses heures de gloire, au cœur d’un quartier, maintenant à demi disparu, du centre-ville de Montréal. Au début des années 2000, le conseil de fabrique, constitué de paroissiens, se préoccupe de l’avenir des bâtiments : église, presbytère, sacristie et grand terrain de stationnement. La question de la continuité des œuvres sociales de la paroisse est également posée. En 2006, un groupe de travail fait état d’un consensus entre paroissiens et acteurs du milieu communautaire : ne pouvant maintenir le lieu de culte, l’idée d’un projet de mise en valeur afin de de perpétuer sa mission sociale fait chemin. Le Centre culturel et communautaire Sainte-Brigide, un OBNL fondé la même année, coordonne ainsi le développement de l’îlot Sainte-Brigide, en lui donnant une vocation sociale, culturelle et d’habitation communautaire. 

Le projet est porté par neuf organismes communautaires ou culturels copropriétaires afin d’offrir, à travers leurs missions respectives, différents services à la population. La première phase de développement, déjà réalisée, donne une nouvelle vocation au presbytère et au stationnement. S’est ainsi implantée la Coopérative d’habitation Radar, un lieu de résidence communautaire pour artistes et travailleurs culturels. Elle jouxte un centre de jour du Pas de la rue pour personnes âgées de 55 ans et plus, itinérantes ou en situation de précarité. En Marge 12-17 offre de l’aide et de l’hébergement aux jeunes en difficulté âgés de 12 à 17 ans tandis que le Groupe information travail (GIT) propose des services de développement socioprofessionnel, d’aide à la recherche d’emploi et d’accompagnement aux personnes de 16 à 64 ans.  Cet espace intergénérationnel est entré à l’automne 2014 dans sa deuxième phase. Les Chemins du soleil, organisme intervenant particulièrement auprès de jeunes défavorisés de 6 à 18 ans, continuera d’offrir du roller-hockey dans le sous-sol de l’église comme cela fait plus de trente ans que cela se pratique. Le CUBE, un centre international de recherche et de création en théâtre pour l’enfance et la jeunesse, et Cirque Hors-piste, organisme de cirque social pour personnes marginalisées, occuperont une partie de la nef  et de la sacristie. Enfin le centre de la petite enfance (CPE) Idée fixe s’implantera également dans l’îlot Sainte-Brigide.

Dans le cadre d’une entente de collaboration entre l’Université de Barcelone et le CSSS-CAU Jeanne-Mance dans le but de « promouvoir la coopération entre les deux institutions afin de développer la recherche et la formation de chercheurs, de praticiens chercheurs, d’intervenants et de gestionnaires de la santé et des services sociaux dans les domaines des inégalité sociales, des discriminations et de la citoyenneté, ainsi que des services sociaux et de santé », des liens étroits ont été tissés entre des membres du CREMIS et de l’équipe des organisateurs communautaires du CSSS.

Fruit de cette collaboration des chercheurs, gestionnaires-chercheurs et des organisateurs communautaires du CSSS ont proposé, conjointement avec le CSSS-IUGS (Sherbrooke), une activité aux Journées annuelles de santé publique (JASP, novembre 2014) ayant pour thème Animer la responsabilité populationnelle par des pratiques innovantes d’intervention dans la communauté. Au cours de cet évènement, François Soucisse, organisateur communautaire du CSSS Jeanne-Mance, associé au projet de requalification de l’église, ayant accompagné et soutenu le développement de l’îlot Sainte-Brigide et Manon Harvey, directrice d’En marge 12-17, ont présenté le développement de l’îlot Sainte-Brigide.

Afin d’illustrer ces propos, Jean-Baptiste Leclercq, chercheur d’établissement au CSSS Jeanne-Mance, membre du CREMIS, et François Soucisse ont interrogé plusieurs porteurs et usagers/participants de cet espace afin de connaître ce que projet avait changé pour leur organisme, leur « clientèle » ou dans leurs trajectoires de vies. Au-delà de l’amélioration matérielle des conditions de vie et de pratiques professionnelles, tous mettent en avant le fait de mieux desservir la communauté, notamment par le biais de pratiques collaboratives entre-organismes. Se pose également la question du partage d’un espace commun fréquenté par des publics diversifiés et de son implantation dans un quartier en transformation.

Pour cette capsule vidéo, les entretiens ont été réalisés par Jean-Baptiste Leclercq et François Soucisse, les images filmées et montées par Jean-Baptiste Launay (La maison populaire) avec le soutien de Mohamed Amara, chercheur postdoctorant à l'équipe PRAXCIT du CREMIS.