Un univers de rapports sociaux

Le type d’accompagnement et le type de logement à privilégier sont étroitement liés au profil et à l’histoire de la personne accompagnée, mais aussi à son appartenance à l’un ou à l’autre de diverses catégories de la population et aux rapports sociaux qui les définissent : rapports femmes-hommes, jeunes-adultes, autochtones/allochtones/non-autochtones, etc. Par exemple, les femmes peuvent avoir des besoins particuliers en fonction de vies souvent marquées par l’abus et la violence de la part des hommes – violence qui peut avoir eu lieu au domicile. D’où, parfois, une crainte de se retrouver seule en logement.  Les jeunes, en passage difficile vers la vie adulte, peuvent avoir eux aussi un rapport particulier au logement, comme un lieu de transition et d’exploration, ainsi qu’une volonté de se tenir loin de tout accompagnement de type institutionnel ou qui est vu comme une entrave à la volonté d’autonomie. Les personnes désaffiliées, après une période plus ou moins longue en situation d’itinérance et parfois une expérience carcérale ou une hospitalisation, peuvent avoir leurs propres difficultés en s’ajustant à la vie entre quatre murs et à la solitude. Quand ces femmes et ces hommes sont autochtones, tout ce qui est de l’ordre de la vie en logement et de l’accompagnement est étroitement lié avec les traumas vécus par ces populations et ces individus historiquement et actuellement dans leurs rapports avec les non-autochtones, par la barrière linguistique et culturelle, par le racisme et la discrimination auxquels ils sont confrontés. Quand toutes ces personnes vieillissent, souvent de manière prématurée en situation d’itinérance, ils sont aussi sujets à la marginalisation et la relégation associés à l’âgisme, ainsi qu’aux effets cumulatifs – sur les plans de la santé physique et mentale – de parcours de vie marqués par l’intersection de rapports sociaux variés. Et quand la dépendance à l’alcool et à la drogue fait aussi partie de ces parcours, le rapport au logement et à l’accompagnement est nécessairement affecté, notamment par le regard projeté sur des personnes identifiées comme alcooliques ou toxicomanes par la population environnante. D’autres spécificités et croisements de rapports sociaux doivent faire appel à des compétences spécifiques et variées développées à travers le temps par les personnes et organismes qui interviennent et accompagnent, tout en étant conscient que le rapport d’accompagnement est aussi un rapport social en soi, faisant partie des rapports globaux entre intervenant·es (institutionnel·les et communautaires) et populations «cibles». Dans cet univers fait de multiples rapports sociaux et de leurs croisements, le rapport d’accompagnement résidentiel se démarque avec ses caractéristiques particulières et son potentiel de transformation.

Principe 3 : L’accompagnement résidentiel tient compte des caractères spécifiques de la diversité de populations qui en ont besoin ainsi que de la diversité de rapports sociaux et de leurs croisements qui les définissent (par exemple, jeunes en difficulté, femmes victimes de violence ou d’abus, hommes adultes désaffiliés, populations autochtones, personnes vieillissantes, personnes avec une déficience intellectuelle, entre autres). Le rapport d’accompagnement résidentiel lui-même se distingue par ses spécificités et son potentiel de transformation dans ces parcours de vie marqués par les rapports sociaux existants.

Pour connaître...

Le point de vue des personnes accompagnatrices (à venir)

Le point de vue des accompagnatrices et accompagnateurs (à venir)

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Crédits pour la capsule vidéo
Réalisation et production : Christine Chevarie
Direction photo : François Vincelette
Montage : Emilie Baillargeon
Conception sonore : Mélanie Gauthier
Musique originale : Jérôme Minière
Infographie : Martin Desrochers
Voix : Maxime Cormier et Marika Lhoumeau
Figurants : Édith Robert, Jérémy Puech, Émy Létourneau et Alexis Pearson